Home
Vous êtes ici:Accueil » Politique » Haïti / République dominicaine

Haïti / République dominicaine

Comprendre d’abord !

HAITI

Les relations haitiano-dominicaines, plus précisément les relations entre les Dominicains et les Haïtiens connaissent des hauts et des bas assortis de périodes d’entente et de calme apparent. Elles sont aussi suivies par d’autres périodes d’instabilité et d’agressions de la part des Dominicains. Cependant, ces relations n’avaient jamais atteint les  niveaux de violence dont les Dominicains ont fait montre lors du génocide de 1937. Ces actes se sont prolongés tout au long du 20e siècle. Ils ont subi une inquiétante recrudescence en ce début du 21e siècle.

Dans la durée, on peut dire que la colonie espagnole de Santo Domingo, l’actuelle République dominicaine, et la colonie française de St Domingue, aujourd’hui Haïti, ont réussi à entretenir un niveau d’entente et de coexistence acceptable. Leurs relations et leurs échanges se basaient sur deux économies complémentaires.

La partie française était essentiellement agricole. En conséquence, elle possédait une forte population d’esclaves. A cause de l’abandon dans lequel l’Espagne le maintenait, de la chute de l’industrie sucrière et de l’essor de la colonie française, Santo Domingo est passé  peu à peu d’une économie de plantation à une autre basée sur l’élevage et le commerce du cuir, nécessitant peu d’investissement et peu de main d’œuvre. Le petit territoire montagneux de la colonie française ne permettait pas d’attribuer à l’élevage les grands espaces de terrain nécessaires. La viande et le cuir étaient donc achetés à la partie espagnole à meilleur marché.

Ce commerce avec la colonie française procurait des rentrées et de meilleurs bénéfices à Santo Domingo. Ces échanges favorisaient en plus les liens et les relations entre l’oligarchie coloniale de la partie française et celle de la partie espagnole.

mnl

A partir de 1801, les choses prennent une autre tournure avec la Révolution haïtienne et l’invasion par Toussaint Louverture de la partie espagnole. Le nouveau Pouvoir abolit l’esclavage et autorise les Noirs et  les Mulâtres à accéder à des charges publiques. Le pouvoir absolu des Blancs créoles esclavagistes est lésé par ces nouvelles dispositions. La rupture de l’entente fut consommée en 1804 à la proclamation de l’Indépendance haïtienne. Dès lors, les échanges, rapports et relations ne concernaient plus les deux oligarchies. Il s’agit désormais d’échanges  entre l’oligarchie de la partie espagnole et les dirigeants d’un Etat autonome et indépendant, formé par des Noirs et des Mulâtres.

fs

Tels sont les fondamentaux historiques à partir desquels il faut étudier pour  comprendre la phase constitutive des violents conflits entre Haïtiens et Dominicains. Et c’est alors que les élites de la partie espagnole commencèrent à construire un sentiment anti-haïtien pendant toute la deuxième partie du 19e siècle.

Cet anti-haïtianisme sera encore plus renforcé après la proclamation de l’Indépendance dominicaine en 1844. Les Dominicains ont fabriqué  leur prétendue identité nationale sur la négation de ce qui est haïtien et sur le refus de ce qui est noir.

Jean Frantz LASERRE

raless2000@yahoo.com

A propos de l'auteur

Nombre d'entrées : 47

Laisser un commentaire

Copyright ©2017 RCH 2000 96.1 FM. All Rights Reserved.

Retour en haut de la page