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Haïti / Pouvoir politique

Un boulot sale !

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On voit mal comment un Haïtien vraiment honnête décidé à sacrifier sa vie pour la vérité pourrait faire une carrière politique dans ce pays, que ce soit dans les bas étages ou dans les sommets. Car, en matière  de politique, il n’existe que deux grandes préoccupations : comment accéder au pouvoir ? Et, une fois parvenu au sommet, comment s’y maintenir ? Les deux interrogations souffrent la même réponse : tous les moyens sont bons.

La classe politique haïtienne cultive à son plus haut niveau l’art d’évacuer intégralement la morale pour réduire la politique à de purs problèmes de force. La fin justifie les moyens. Tout est correct et bon, pourvu qu’on obtienne ce que l’on visait. Dans cette perspective, le mensonge fournit une arme redoutable et efficace.

L’accès au pouvoir suppose la démagogie, c’est-à- dire le mensonge au peuple. Les candidats ont depuis toujours renoncé à la vérité pour se contenter de tenir un discours flatteur à destination du peuple. Au lieu du souci de l’intérêt général que la fonction appelle, l’homme politique haïtien ou la femme politique haïtienne en mal de mandat, à travers les radios et télévisions, flatte, séduit, amadoue et promet, en tenant des propos utiles pour ramasser les suffrages. Mais en fait, il ou elle n’a aucunement l’intention d’honorer ses promesses  qui n’engagent que ceux et celles qui y ont cru.

Le mensonge destiné à gagner les intentions de vote, à créer une dynamique élective, à doper les sondages  se double d’un mensonge sur l’adversaire à discréditer. On ne lui reconnait jamais de talent, d’intelligence ou de mérite, tout ce qu’il entreprend est mauvais, mal fait, perdu d’avance.

Mensonge en direction du peuple, de l’adversaire, mais aussi mensonge sur soi. On cache ses zones d’ombre, on gomme les traces gênantes dans son parcours, ses échecs, ses reniements, ses prises de position. On prétend présenter un projet pour le destin d’Haïti alors qu’il a été concocté  par les Puissances tutrices d’Haïti pour correspondre au profil du ’’meilleur produit vendable’’.

Lorsque ces mensonges ont assez séduit le peuple pour que le pouvoir ne soit plus un objectif, mais une réalité, il s’agit, deuxième temps fort de l’action politique en Haïti, de se maintenir en place. Comment rester ? De quelle manière aller jusqu’au bout ? Ne pas partir ? Au mieux, revenir le plus vite possible. Même réponse : tous les moyens sont bons.

Aucun homme politique haïtien ne dit aimer le pouvoir pour la jouissance que son exercice procure. Personne ne dit aimer cet alcool pour les ivresses qu’il donne, mais tous disent leur obligation de rester pour le bien d’Haïti. Pour finir ce qui n’a pas eu le temps d’être fait. Pour réaliser ce qu’on n’a pas eu le temps de faire à cause de… La volonté particulière triomphe  toujours au détriment de l’intérêt général.

On abreuve les journalistes d’informations construites pour séduire. Peu importe ce que l’on dit, l’essentiel réside dans la forme, jamais dans le fond. Le contenu, le message, la valeur des informations ou ce que les mots annoncent pour l’avenir n’ont pas d’importance. Seules comptent la forme, la façon, la technique d’exposition. La vérité réside dans l’efficacité. Est vrai tout ce qui parvient à ses fins et produit ses effets. Est faux tout ce qui manque son but.

Hors de la morale et des considérations de vice ou de vertu, ce qui importe pour la quasi totalité des hommes politiques haïtiens dans les circonstances historiques actuelles, c’est de prendre la parole dans les medias, de séduire l’auditoire, de plaire et surtout d’obtenir les suffrages pour être élu et siéger dans les instances décisionnaires. C’est le verbe enchanteur, les paroles séduisantes.

Le besoin de vérité est plus sacré qu’aucun autre. La presse et les medias en Haïti en font peu de cas. Le peuple haïtien commence à se rendre compte de la quantité et de l’énormité des faussetés étalées sans honte  dans la quasi totalité de nos medias. Le peuple a besoin d’informations pour s’instruire. Il ne peut pas se livrer à des vérifications. Il croit sur paroles. On n’a pas le droit de lui donner du faux à manger. Les journalistes devraient se donner la peine d’éviter l’erreur, même s’ils étaient de bonne foi.

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Le public haïtien se défie des journaux, mais sa défiance ne le protège en rien. Sachant que les  journalistes disent des vérités et des mensonges, il repartit les nouvelles annoncées entre ces deux rubriques, mais au hasard, au gré de ses préférences. Il est ainsi livré à l’erreur.

Lorsque le journalisme se confond avec l’organisation du mensonge, il constitue un crime malheureusement non punissable.

Jean Frantz LASERRE

raless2000@yahoo.com

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