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Haïti – Justice : Les coûts insoutenables de la détention…

Florence Elie, la Protectrice du Citoyen constate que l’augmentation quotidienne de la population carcérale en Haïti, qui dépasse aujourd’hui les 10,000 détenus, est composé d’une majorité de prévenus qui résulte en amont, d’arrestations à outrance, régulièrement effectuées par la Police Nationale d’Haïti (PNH), souvent sous l’impulsion du Commissaire du Gouvernement et en aval, de l’incapacité et de l’engorgement manifeste de notre appareil judiciaire. Une situation « qui est le reflet d’une politique pénale répressive, dont la mise en œuvre se solde par une facture aussi exorbitante qu’injustifiée, mais surtout insoutenable. En plus d’être économique, ce coût est sécuritaire, moral et humain. »

« Coût économique :
Il va sans dire que les arrestations à outrance, les emprisonnements démesurés et la lenteur judiciaire excessive entrainent un poids économique très lourd, bien trop lourd pour les maigres ressources dont dispose notre État. Nos carences de fonds se traduisent notamment par une incapacité marquée et condamnable à prendre en charge les détenus, tout en favorisant une certaine perméabilité de notre système judiciaire et policier à la corruption d’une part, tout en encourageant d’autre part, une dépendance accrue à une aide internationale appelée par définition à s’estomper.

Coût sécuritaire :
Ces arrestations et emprisonnements en masse, liés à la lenteur procédurale, drainent manifestement nos ressources policières et judiciaires forcées de consacrer l’essentiel de leur énergie au traitement de délits mineurs. Cet état des lieux, exacerbé par le manque d’outils de police scientifique modernes, rend nos responsables plus souvent que de mise incapables de faire face à la sérieuse criminalité qui gangrène notre société sous la forme de réseaux de trafiquants de stupéfiants, de kidnappeurs et de meurtriers.

Coût moral :
Si Haïti cherche à attirer des investisseurs étrangers, ces derniers sont insécurisés et retenus à l’heure actuelle par les condamnations internationales unanimes, dénonçant entre autres, invariablement et avec vigueur, les conditions infra humaines, qui règnent dans nos prisons et les profonds dysfonctionnements de notre appareil judiciaire. Les ratios prévenus/condamnés et espace/condamnés prévalant sur notre territoire, sont classés parmi les pires de la planète, le Pénitencier National de Port-au-Prince ayant la distinction d’être à ces chapitres l’archétype de la prison/enfer. À l’évidence, l’opprobre autant nationale qu’internationale en ce qui concerne la fragilité de notre État de Droit, est difficilement conciliable avec l’image d’un État qui se veut ouvert aux affaires (open for business).

Coût humain :
Le drame de la détention en Haïti déchire trop de familles. Il est devenu synonyme de profondes souffrances physiques et morales, affectant une grande majorité de personnes présumées innocentes dans l’attente interminable du traitement de leur dossier. Véritables coulisses de l’horreur, nos prisons méprisent au quotidien le principe aussi fondamental qu’élémentaire, du respect de la dignité humaine. Au regard de ce qui précède, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), en sa qualité d’institution nationale de promotion et protection des droits humains, ne peut que constater le bilan négatif et onéreux de nos pratiques pénales répressives : un luxe que notre société ne peut, ni ne doit se permettre de payer. »

Source/HL2

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