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L'agriculture : D'hier à aujourd'hui, quel bilan ?

User Article   91 Views   By Nande05 on Jul 20 2008, 9:49 pm

Par Ing.-agr. Fontil Nolex   

Published by Haitiimpact (www.haitiimpact.com)

 

Beaucoup de gens qui réfléchissent sur la crise haïtienne estiment que la problématique est si complexe et difficile qu’il faudra beaucoup de temps pour enrayer ce mal qui ronge toutes les couches, sans distinction, d’une population fatiguée d’une insécurité mutante omniprésente.

 

 

 Effectivement, cette complexité ainsi que cette difficulté des problèmes auxquels fait face le peuple haïtien demande des réflexions mûries pour pouvoir en venir avec des solutions efficaces capables de sortir le pays de cet enfer.

 

 

Mais, cela fait plusieurs décennies que le pays dégringole davantage dans la pauvreté et l’insécurité ; aujourd’hui, le peuple haïtien traverse l’un des moments les plus difficiles de son histoire.  Mais, cela fait plusieurs décennies que le pays dégringole davantage dans la pauvreté et l’insécurité ; aujourd’hui, le peuple haïtien traverse l’un des moments les plus difficiles de son histoire.   La faim, l’insécurité sous toutes ses formes, le déchaînement de la nature et tant d’autres maux sociopolitiques traquent la population au plus fond de ses entrailles, la rabaissant ainsi à l’état infrahumain. Aussi, le pays aborde-t-il la voie de l’ingouvernabilité.

 

 

A considérer les faits, il est évident que les politiques sont aujourd’hui pris au cou. Cependant et malheureusement, ces dirigeants, plus forts dans les discours de façon à gérer leur quinquennat de pouvoir, ne font que des promesses vaines dans un pays en décadence. A ce titre, l’on pourrait bien se demander, à coté des parties politiques aspirantes du pouvoir sans vision réelle du développement, si la politique générale d’un premier ministre par devant le parlement n’est pas seulement un exercice de dissertation à déclamer dans un ton hautement rhétorique pour satisfaire les « parlementaires » afin d’avoir l’aval de ces derniers. Voilà vingt ans, trente ans de réflexions, de politiques générales avalisées mais en réalité infructueuses, que le pays continue dans sa dégringolade.

 

 

Les frêles infrastructures héritées des époques de la colonisation américaine (1915-1934) et de la première période de la dynastie des Duvalier périclitent faute de stabilité politique et de responsabilité de ceux qui en ont reçu justement le mandat. Le 07 février 1986, le peuple s’est bien réjouit d’avoir flanqué le joug de la dictature ‘‘ jean-claudiste ’’ ; dans l’euphorie de cette deuxième indépendance a vu le jour une nouvelle constitution visant de tuer dans les germes toutes nouvelles intentions dictatoriales sans de réelles mesures pour accompagner les transitions sociale, politique et économique.

 

 

D’ailleurs, c’était le début de la « liberté libre », la grande liberté sans mesure, l’ère des grandes promesses sans issues, des crises politiques continuelles, de « dechoukaj » accompagné de pillages, de coup d’Etat, jusqu’à de Chef d’Etat en fonction qui propose même au peuple de l’accompagner aux manifs contre la faim intenable. Quelle irresponsabilité sacrifiante ! Bref, c’est peut-être une expression ou du moins une manifestation démocratique à l’haïtienne. Si un chef d’Etat élu choisit de descendre manifester dans la rue, cela va sans dire que la crise du pays est beaucoup plus profonde. Même les dirigeants ont des griefs. Alors, on peut se demander qui sont les vrais responsables du pays ?

 

 

Nous voilà ainsi arrivés aujourd’hui à un pays décrié tant au niveau interne qu’à l’extérieur avec la situation suivante que j’ai tenté de représenter grosso modo. Haïti se retrouve maintenant dans ce que je décris comme étant le « cercle infernal de la pauvreté absolue » et que je schématise ci-dessous, en emboîtant le pas aux Etat paresseux[1]  du groupe des pays en voie de développement.

 

 


[1] C’est un concept que j’utilise dans un article en cours de préparation sur la pauvreté et le sous développement en analysant le cas d’Haïti pour désigner les Etats des PVD liés aux banques internationales et des grands pays par leur surendettement et qui exhibent leurs performances macroéconomiques positives sans réellement se soucier de la pauvreté réelle dans les buts uniques de plaire à leurs créanciers et de justifier leurs combats politiques pour se maintenir au pouvoir.

 

 

 

 

Aujourd’hui, il n’est plus question de faire des beaux discours ; la situation est critique. Si l’on veut être simple et direct, on peut dire que la pauvreté c’est l’incapacité d’une personne ou d’une population de pourvoir en temps et lieu à ses besoins fondamentaux (alimentation, santé, éducation) de façon autonome et ceci pour la seule raison qu’elle n’en a pas les moyens. Ainsi, la réduction de la pauvreté est un moyen efficace pour sortir de ce fameux « cercle infernal de la pauvreté absolue ». Dans notre réflexion nous envisageons de voir quel rôle l’agriculture peut-elle jouer dans la lutte contre la pauvreté et le sous-développement dans le pays.

 

 

L’état de la population Haïtienne

 

Selon les statistiques, la population haïtienne est en pleine croissance ; de 6.4 millions en 1987, elle est passée en 2005 à 8.5 millions. En moins de 20 ans, elle s’est accrue de plus de 32 % ; donc une demande globale en termes de population qui, elle, n’a pas cessé de croître par rapport à une production nationale qui évolue en dent de scie à un rythme très faible. La population rurale quant à elle est passée de 72.47% à 61.23% durant la même période.

 

 

Cependant, il y a lieu de signaler dans ce cas un important phénomène de migration de la population rurale ; au delà même de ces chiffres, le déplacement est beaucoup plus important notamment vers les villes ou en République dominicaine tenant compte de l’accroissement global de la population. Toutefois, la majorité de la population haïtienne vit encore dans les milieux ruraux, soit plus de 60 %. Ainsi, le monde rural compte plus de 5 millions d’habitants ; alors chacun peut se demander quel est le poids de ces gens dans le développement d’Haïti et quelles seront les conséquences sur les villes si rien n’est fait pour bloquer le déplacement de cette masse de gens qui ont les yeux rivés sur les grandes villes et qui restent croire qu’il fait bien mieux de vivre ailleurs que sur les exploitations agricoles. 

 

 

Reproduced by: rch2000 96.1 fm

 

 

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